
Lettre d'un
père à sa petite fille
Depuis deux
semaines, tu te creuses la tête pour trouver le petit cadeau qui plaira
à ta maman. Sais-tu au juste ce que c'est une maman? Sais-tu vraiment
ce qu'est une maman? Laisse-moi te le dire à ma manière.
Nous avons attendu longtemps ta naissance, ma petite...
Bien
plus longtemps que les dix mois lunaires dont on parles dans les livres.
Nous
avons attendu des années. Je désespérais de devenir père.
Mais ta mère restait confiante; Une maman ça s'appelle Espérance.

Finalement, nos prières furent exaucées, et tout près du coeur de ta
maman,
Dieu
déposa ton âme pour qu'elle puisse l'habiller d'un corps humain, travail
long et difficile.
Pour toi, ta maman a troqué une partie de sa santé.
Mais elle ne s'est jamais plainte. Elle était heureuse: Une maman sa
s'appelle Amour.

Puis tu es arrivée, comme un dictateur, bouleversant notre vie et nos
habitudes.
Tu étais belle à croquer mais tu avais le don d'exaspérer.
Si la dernière gorgée de ton biberon te déplaisait, tu la dégueulais
n'importe où, n'importe quand, sans formalité.
Et lorsque ta mère t'avait lavée, pomponnée, parfumée, qu'elle t'avait
vêtue de ta robe que je préférais pour aller visiter des amis, tu nous
faisais un de ces dégâts à faire rêver un homme du célibat.
Pour
adoucir mon humeur massacrante, ta maman se mettait à rire.
Et hop! Elle t'amenait dans la chambre en minaudant, "petit chochon va!"

Dix minutes plus tard, toutes les traces de ton exploit disparues et ta
mère me présentait mon héritière plus ravissant qu'auparavant.
C'est parce qu'une maman, ça s'appelle Patience.

Tu as une bicyclette parce que ta mère à pas eu une montre neuve.
Tu
as un "Walkman" parce que ta mère n'a pas acheté le bibelot dont elle
rêvait.
Tu reviens de chez la coiffeuse parce que ta mère se met des bigoudis.
Ta maman s'est privée d'une foule de petites choses, et aussi des
grandes. Que de voyages elle a sacrifié, que d'heures de sommeil elle a
cédées, que d'inquiétudes elle a déposé aux pieds du Créateur pour que
tu grandisses heureuse:
Une maman, ça s'appelle Renoncement!

Tu te crois grande et tu rêves d'indépendance.
Tu
veux voler de tes propres ailes, et je conviens que c'est naturel.
Mais tu n'es pas aussi sage que tu le crois.
Tu
feras des faux-pas et force me sera de sévir, c'est un devoir.
Mais
toujours ta maman sera là pour te prendre dans ses bras,
cueillir
tes larmes de repentir, pour t'embrasser, même quand tu l'auras blessée
profondément:
Une maman ça s'appelle avant tout Miséricorde!

P.S. à mon épouse:
Ne me fais pas les gros yeux si j'ai offert cet hommage sincère,
c'est qu'il dit ce que beaucoup pensent dans leur foyer.
Je
crois qu'il est bon qu'on mette à jour les qualités qui font d'une femme
une maman,
même si je sais que toi, comme ma maman,
comme la tienne, et comme toutes les mamans du monde, tu t'appelles
Humilité.


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